Avril – L’exposition – Isabelle Senly

Les mues d’Isabelle Senly

 

Les Chrysalides d’Isabelle Senly sont pure légèreté : suspendues, elles vibrent quand on passe près d’elles et se laissent émouvoir par d’imperceptibles souffles, Lampions translucides, elles accueillent la lumière : la lumière blanche de l’hiver repose calmement en elles, tandis que celle de l’été les fait flamboyer. On ne s’inquiète pas trop, au premier abord, de ces présences aériennes qui occupent un humble coin d’espace. Comme certaines fleurs, elles se ferment avec la pénombre, et se remettent à vibrer avec le jour.

 

Mais comme celle de toute présence feutrée, leur ombre finit par inquiéter. Ces Chrysalides sont d’étranges créatures, mi objets mi êtres vivants. Isabelle Senly explique bien le procédé de leur création, qui relève de la collecte, puis de la vannerie, de la couture, de la broderie. Cependant la plupart des matériaux employés sont organiques. Fruits de l’inspiration mobile et souple de l’artiste, ces créations rappellent des crinolines pour poupée, des structures de chapeaux fantasques et anciens, mais aussi des coquillages, des coraux, des mollusques ondoyants, ou encore l’ossature frêle et la membrane translucide d’une aile de chauve-souris.

 

C’est un travail féminin au plus haut point, qui associe le minutieux travail de la main à l’engendrement d’une créature qui semble vivante. Certaines formes sont presque organiques et intimes, comme si l’artiste les avait fait croître sur son propre corps et les avait détachés d’elle-même, ou comme la peau qui subsisterait après les mues répétées et changeantes de son imaginaire.

 

Anne Malherbe

Historienne de l’art, critique d’art, commissaire d’expositions

 

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